dimanche 3 juin 2012

Il pleuvait des oiseaux, Jocelyne Saucier.

Vers quelle forêt secrète se dirige la photographe partie à la recherche d’un certain Boychuck, témoin et brûlé des Grands Feux qui ont ravagé le nord de l’Ontario au début du XXe siècle? On ne le saura pas. Boychuck, Tom et Charlie, dorénavant vieux, ont choisi de se retirer du monde. Ils vivent relativement heureux et ont même préparé leur mort. De fait, Boychuck n’est plus de ce monde au moment où s’amène la photographe.

Tom et Charlie ignorent que la venue de la photographe boulversera leur vie. Les deux survivants feront la rencontre d’un personnage aérien, Marie-Desneige. Elle a 82 ans, tous ses esprits, même si elle est internée depuis soixante-six ans. Elle arrivera sur les lieux comme une brise espérée alors que la photographe découvrira que Boychuck était un peintre et que son œuvre était tout entière marquée par le Grand Feu de Matheson. 

C’est dans ce décor que s’élabore Il pleuvait des oiseaux. Nous voici en plein cœur d’un drame historique, mais aussi pris par l’histoire d’hommes qui ont choisi la forêt. Trois êtres épris de liberté et qui ont fait un pacte avec la mort. Un superbe récit à la mesure du grand talent de Jocelyne Saucier.


Si je commençais par vous énumérer tous les concours à lesquels ce livre a été mis en nomination (source: Éditions XYZ):

  • Lauréate, Prix à la création artistique Abitibi-Témiscamingue-CALQ 2010 pour l'ensemble de l'oeuvre
  • Lauréate au Prix des Cinq continents de la Francophonie 2011
  • Finaliste Grand Prix de la ville de Montréal 2011
  • Finaliste au prix des collégiens 2012

Ai-je besoin d'en dire plus long?  Des personnages bien campés, très attachants et libres.  Ils vivent en pleine forêt, se contentent du minimum vital et ne misent que sur l'amitié qui les unie entre eux.  Au départ, trois hommes âgés mal léchés, deux plus jeunes qui défient la loi, une photographe curieuse et une petit vieille viennent combler les pages de ce court roman.  Sur fond historique, l'auteure tisse autour des peintures de Ted un univers sombre et accablant.  Avant de mourir, il a peint 367 toiles représentant des scènes d'un feu de forêt ravageant une ville et tuant plusieurs de ses habitants. Ces personnages ne sont que des ombres au moment où la photographe tente de mettre de l'ordre dans ces évènements, mais à l'aide de Marie-Desneiges et de quelques autres, elle réussit à remonter le temps et nous faire revivre cette tragédie.  Ce qui est merveilleux, c'est que tout n'est pas noir et teinté de suie dans ce livre.  Un de ces hommes, Charlie, a un coeur tendre (malgré ses airs d'ours sauvage!) et la vie lui offre une autre chance à l'amour...  Une petite touche   de lumière vient alors faire son oeuvre au fil des pages, de quoi nous faire sourire et nous faire réaliser que la vie peut encore offrir quelques surprises même lorsqu'on n'ose plus dire son âge!

Une auteure québécoise à découvrir pour un beau périple dans notre forêt canadienne...

Pour le challenge Petit Bac 2012 d'Enna, ce livre se classe dans la catégorie animal.

10 commentaires:

Karine:) a dit...

Plein de louanges et des peintures... noté illico!

Jules a dit...

Karine: avis-tu vraiment besoin de mon opinion pour ce livre?! :o)

Le Papou a dit...

Bonjour
Encore un titre qui me plait, mais cette fois je le note. Merci !

Le Papou

Suzanne a dit...

Je suis en train justement de «pondre» mon billet sur cette lecture. Je ne lirai pas ton commentaire mais dès que j'ai fini, je reviens.

Jules a dit...

Le Papou: un titre parfait à lire en septembre! ahaha

Suzanne: on s'en reparle alors!

Grominou a dit...

J'hésite, il me semble que ça a l'air triste... Non?

Jules a dit...

Grominou: non, pas vraiment! Essaie!

Suzanne a dit...

Voilà c'est fait. Une écriture magnifique et de fabuleux personnages. Un coup de coeur pour moi.

Jules a dit...

Suzanne: j'irai lire ça!

Marie-Claude Rioux a dit...

Bien dit, Jules! Et des surprises, des bonnes, il y en a dans ce roman très lumineux, au final.