vendredi 10 octobre 2014

La déesse des mouches à feu, Geneviève Pettersen.

La déesse des mouches à feu, c’est Catherine, quatorze ans, l’adolescence allée chez le diable. C’est l’année noire de toutes les premières fois. C’est 1996 à Chicoutimi-Nord, le punk rock, le fantôme de Kurt Cobain et les cheveux de Mia Wallace. Des petites crisses qui trippent sur Christiane F. et des gars beaux comme dans les films en noir et blanc. Le flânage au terminus et les batailles de skateux contre pouilleux en arrière du centre d’achats. L’hiver au campe dans le fin fond du bois, les plombs aux couteaux, le PCP vert et les baises floues au milieu des sacs de couchage. C’est aussi les parents à bout de souffle et les amants qui se font la guerre. Un jeep qui s’écrase dans un chêne centenaire, les eaux du déluge qui emportent la moitié d’une ville et des oiseaux perdus qu’on essaie de tuer en criant.    
 
Deuxième contribution au Club de lecture de Châtelaine et quel bonheur de pouvoir enfin lire ce magnifique roman écrit dans une langue locale qui traite d'un sujet épineux: l'adolescence!!!
Geneviève Pettersen n'a pas fait les coins ronds, elle a manœuvré de façon extraordinaire pour nous dresser le portrait d'une ado frustrée tout à fait réaliste tant dans ses attitudes que dans les dialogues.
 
À lire le quatrième de couverture, je me sens presque essoufflée!  Et bien, c'est cela, d'un bout à l'autre du roman, Catherine nous en fait voir (et entendre!) de toutes les couleurs.  C'est un roman qui se lit d'une traite à lequel je n'ai absolument rien à reprocher.  À coup sûr, il vous déstabilisera et vous rappellera quelques bons souvenirs d'une autre époque... à moins que vous ayez été, vous aussi, un genre de Catherine! Mais cela, vous n'êtes pas obligés de me le dire...
 
ISBN: 978-2-89698-159-5                        

5 commentaires:

Claude Lamarche a dit...

Une autre époque et un autre langage. Pas pour moi. Tant pis si je passe pour puriste. J'assume. Et il faut croire que l'éditeur assume aussi tous ces anglicismes.

Jules a dit...

Claude: je pense que pour être réaliste pour représenter l'époquemet l'âge du personnage, il faut utiliser le language approprié... Je ne pense pas que même en 2014, les adolescents parlent dans un français parfait malgré tous les efforts des parents et de l'école!

Le Papou a dit...

Un roman c'est une histoire et une écriture. J'avais aimé l'histoire beaucoup moins le style.
L'auteure a écrit : «L’histoire que je raconte est inintéressante si elle n’est pas racontée dans cette langue-là. J’ai été hyper rigoureuse dans mon travail. Les erreurs de langage sont réfléchies. Ça confinait à un registre très restreint, mais un roman, c’est d’abord et avant tout une voix. Quand je l’ai trouvée, je ne l’ai pas lâchée et je me suis laissée porter.»
Après je n'ai pus rien compris !
Le Papou

Jules a dit...

Le Papou: merci pour l'extrait! C'est vrai que l'histoire perd de son intérêt sans la touche de réalisme. Moi, j'ai beaucoup aimé! Je ne trouve pas cela pire que tout l'argo français qu'on nous fait avaler dans les traductions! :)

Marie-Claude Rioux a dit...

J'ai moi aussi été essoufflée. Mais quelle lecture!
Je t'invite à lire mon billet sur
http://hopsouslacouette.blogspot.ca/2014/10/une-adolescence-en-feu.html