samedi 1 décembre 2012

Cacao, Jorge Amado.


Dans une plantation de cacaoyers au sud de Bahia, Sergipano, jeune paysan exploité, berné, trompé, refuse un faux bonheur et une relative aisance matérielle parce qu'il ne veut pas trahir sa classe et préfère partir pour la lutte, le coeur propre et heureux.

Lorsque j'ai lu Amado, j'ai eu l'impression de regarder une peinture.  Il dépeint de façon tellement naturelle la vie des ouvriers dans les cacaoyères qu'on a presque l'odeur de la plantation qui vient avec!  Sinon, je ne peux pas dire que cette lecture a été des plus réjouissantes.  Écrit dans les années 30 de l'autre siècle, la société brésilienne de l'époque ne semblait offrir que deux classes sociales, les très riches et les très pauvres.  Vous étiez soit colonel (propriétaire terrien), soit loué (ouvrier).  Entre les deux, ne restait que la  place pour la haine et le mépris de l'un envers l'autre. 
 
Exploités, maltraités et abusés, ces femmes et ces hommes étaient perpétuellement en mode de survie.  Malgré tout, il existait une complicité entre ces ouvriers et à la moindre occasion de réjouissance, chacun tentait d'oublier le quotidien en compagnie de ses semblables tout en regardant de loin ces riches à la peau si blanche...
 
Jorge Amado a une belle plume, parfois crue mais toujours teintée d'un réalisme flagrant afin de dire les choses comme elles sont.  Ce livre est une petite fresque sociale d'un Brésil que je ne connais pas.
 
"Ils fumaient de grosses cigarettes de tabac haché et buvait de grandes gorgées de tafia dès la plus tendre enfance.  Ils apprenaient à craindre le Colonel et le contre-maître et assimilaient ce mélange de haine et d'amour que leurs parents portaient au cacao.  Ils se roulaient dans la boue avec les porcs et demandaient la bénédiction à tout le monde.  Ils avaient une vague idée de Dieu, un être un peu comme le Colonel, qui récompensait les riches et punissait les pauvres.  Ils grandissaient pleins de superstitions et de plaies." (p.89)

J'ai lu
ISBN: 9782290054918

5 commentaires:

Le Papou a dit...

Aussi tentant qu'une tablette de chocolat :-)

Le Papou

Jules a dit...

Le Papou: peut-être... mais moins réconfortant!

Kikine a dit...

Les quelques livres d'Amado que j'ai lu m'ont bien plu. il faudrait que je le lise à nouveau

Alex Mot-à-Mots a dit...

Une fresque sociale, je suis preneuse, je note.

Jules a dit...

Kikine: oui, j'ai tout son univers à découvrir! Tiens, je vais voir ce que je peux trouver à ma librairie!

Alex: sur le Brésil en plus! On aime! :)