vendredi 16 mai 2014

L'Oural en plein coeur, Astrid Wendlandt.

Dans L’Oural en plein coeur se mêlent deux quêtes, l’une amoureuse, l’autre ethnographique. Passionnée par les peuples en sursis, Astrid Wendlandt se lance sur les traces des derniers autochtones de l’Oural, vaste chaîne de montagnes qui sépare l’Europe de l’Asie. Partie pour retrouver son ancien amour, un rockeur de Tcheliabinsk, elle va s’aventurer dans une recherche qui peu à peu déjoue ses plans, échappe à ses objectifs. À la place d’une civilisation ancienne, elle trouve un monde en devenir. Des mois durant, elle côtoie des familles qui ont fait un bras d’honneur à la société, des communautés vivant en semi-autarcie, des esprits libres et des âmes échouées. L’Oural semble être le conservatoire des folies et des espoirs d’une humanité russe qui se cherche.

Astrid Wendlandt est née en 1973, comme moi.  En lisant ce récit de voyage, j'ai eu l'impression que cette femme avait déjà vécu douze vies de plus que moi!

Franco-canadienne, elle détient une panoplie de diplômes, elle parle certainement plus de trois langues et a travaillé comme correspondante à l'étranger pour les presses les plus prestigieuses.  Au delà de son périple en Russie, je me suis passionnée pour l'histoire de cette femme aventureuse.  Je cherche rarement à découvrir l'auteur derrière le livre, mais cette fois-ci, le parcours était trop intéressant pour le négliger.  Cette femme me fascine.  Sa quête des oubliés, de gens vivant au bout de la terre dans des conditions parfois impensables en dehors de toutes les lois dans une Russie des extrêmes se lit avec beaucoup d'intérêt.  Très instrospectif, mais en même temps très instructif, la journaliste partage ses connaissances de façon remarquable.  On m'avait avisée que ce récit était hors du commun, la passion faisant vibrer chaque chapitre...

"Marcher dans la toundra, c'est changer de dimension, lui dis-je, portée par la vodka.  C'est perdre ses repères, prendre la haute mer, se réduire à une petite fleur dans l'univers, à un atome dans l'atmosphère.  Tu comprends?" (p.198)

"La toundra est une drogue douce dont je n'ai pas cherché à me sevrer.  J'y reviens régulièrement, accomplissant une sorte de pèlerinage, m'enfonçant toujours plus loin dans le septentrion.  C'est si bon d'avancer dans le néant." (p.199)

Donc, à lire si le parcours inusité d'une femme et/ou l'Oural vous intéresse.

Un vidéo de l'auteure est disponible sur le site d'Albin Michel et je joins le lien vers un site découvert hier qui vous permettra d'en savoir un peu plus sur l'auteure.  Une vidéo est également disponible, c'est un femme que j'apprécierais beaucoup entendre en conférence!

ISBN: 9782226256812

7 commentaires:

saxaoul a dit...

Je l'ai terminé avant-hier et c'est un vrai coup de cœur ! Cette femme me fascine ! La façon dont elle aborde cette partie du monde et dont elle comprend les habitants est impressionnante.

Jules a dit...

Saxaoul: t'as vu! Je pourrais l'écouter pendant des heures!

zarline a dit...

J'ai hésité à le lire et au final, j'ai vu un entretien avec l'auteur et elle m'a un peu ennuyée. Suis-je tombée sur le mauvais extrait? Tu me fais en tous cas hésiter sur mon choix de mettre cette lecture de côté.
Sur un thème similaire, j'avais bien aimé La fièvre blanche d'Hugo Bader. Les rencontres qu'il fait en Sibérie sont vraiment étonnantes.

Jules a dit...

Zarline: je pense que ce soit le fait qu'elle soit si passionnée qui me fascine! Je note ton titre.

Alex Mot-à-Mots a dit...

La toundra une drogue douce ? Et pourquoi pas, après tout.

Le Papou a dit...

Je note pour l'ethnologie. Mais pas en audio.
Le Papou

Jules a dit...

Alex: oui, je pense que l'auteure a ce qu'on appelle "l'appel de la nature"!

Le Papou: son ton calme te stresse? :P