jeudi 13 octobre 2016

Nos âmes la nuit, Kent Haruf.

Dans la petite ville de Holt, Colorado, dans une Amérique profonde et isolée, Addie, une septuagénaire, veuve depuis des décennies, fait une étrange proposition à son voisin, Louis, également veuf : voudrait-il bien passer de temps à autre la nuit avec elle, simplement pour parler, pour se tenir compagnie ? La solitude est parfois si dure… Bravant les cancans, Louis se rend donc régulièrement chez Addie. Ainsi commence une très belle histoire d’amour, lente et paisible, faite de confidences chuchotées dans la nuit, de mots de réconfort et d’encouragement. Une nouvelle jeunesse apaisée, toute teintée du bonheur de vieillir ensemble.

 Mais voilà, les choses ne vont pas se passer si simplement, les cancans vont bon train, et les familles s’en mêlent… Que va-t-il advenir de cette bulle de douceur si précieuse qu’Addie et Louis avaient réussi à construire ?

Si je devais vous faire un billet dans le genre de l’auteur, cela donnerait ceci…

Addie demanda à son voisin Louis de venir dormir à la maison afin de discuter la nuit dans son lit parce qu’à 75 ans, elle s’ennuie de la présence d’un homme dans sa vie.  Louis accepte, met son pyjama et sa brosse  à dents dans un sac brun et le soir suivant franchit la porte d’Addie.

Ce roman est d’une simplicité désarmante, mais il en dit long sur la nature humaine.  Ce besoin de compagnie dont rêvent souvent les personnes âgées et seules est à la base de ce roman.  Addie n’a vraiment rien à perde.  Elle est veuve et son voisin est aussi seul qu’elle.  Pourquoi pas?  La commande est claire et franche, l’entente est libre de toute attache.  Addie et Louis prennent goût à ces rencontres intellectuelles (rien de sexuel), mais cet étrange pacte ne plaît pas à tous et surtout pas à leurs enfants.  Ils sont incompris et c’est regrettable.  Ils ne font du mal à personne, mais je pense que ce que démontre ce roman, c’est encore l’intolérance envers les aînés.  Comme si à cet âge, ils n’auraient plus le droit de former un nouveau couple pour le simple plaisir d’avoir quelqu’un à leur côté sans que tous s’imaginent qu’il y a une raison malsaine derrière cela…

Kent Haruf nous raconte une belle histoire d’amitié (et probablement d’amour!) qui se développe rapidement au fil des pages.  Ses personnages sont francs, courageux et émouvants.  Sauf un en particulier que j’ai aimé détester parce qu’il jette un voile sombre sur toute la beauté du monument construit par ces deux septuagénaires…

En 10 ans de blog, je ne sais pas comment je suis passée à côté de ce grand auteur américain!  Kent Haruf est malheureusement décédé en 2014, mais semble-t-il qu’il laisse derrière lui une œuvre, sans être colossale, d’une grande qualité.  J’ai eu la piqure Haruf! Vous n'avez pas fini d'entendre parler de lui!
 
Date de parution: 13 octobre 2016
ISBN: 978-2-221-18784-5

2 commentaires:

Marie-Claude Rioux a dit...

Ravie que tu l'aies aimé. Et bienvenue dans mon fan club des inconditionnelles de Kent!!!
Je l'adore, cet auteur. "Les Gens de Holt County" et "Le chant des plaines" sont à découvrir d'urgence!
Moi, j'attends toujours ma copie de "Nos âmes la nuit". Je pense que j'ai été oublié!

Alex Mot-à-Mots a dit...

La littérature nous promet encore de belles découvertes !