mardi 23 août 2016

Station Eleven, Emily St-John Mandel.

Le premier jour Éclosion de la grippe géorgienne.
On estime qu’elle pourrait contaminer 99% de la population.
 
Deux semaines plus tard
La civilisation s’est effondrée.
 
Vingt ans après
Une troupe présente des concerts et des pièces de théâtre aux communautés regroupées dans des campements de fortune. La vie semble de nouveau possible. Mais l’obscurantisme guette, menaçant les rêves et les espérances des survivants.
Roman phénomène publié dans une vingtaine de pays,
Station Eleven illustre brillamment que l’art, l’amitié,
la résilience et ce qui nous unit permettent
de tout traverser, même une fin du monde.
 

LAURÉAT
Toronto Book Award
Morning News Tournament of Books


FINALISTE
National Book Award
Prix PEN/Faulkner
August Derleth Award
NAIBA* Book of the Year Award
(*New Atlantic Independent Booksellers Association)


PREMIÈRE SÉLECTION
 IMPAC Dublin Award
Bailey’s Prize (précédemment le Orange Prize)
Andrew Carnegie Medal for Excellence in Fiction


Il aura fallu les Éditions Alto pour me faire perdre ma virginité dans le genre roman post-apocalyptique!  Station Eleven est un roman de science-fiction.  99% de la population est disparue suite à une grippe provenant de la Georgie.  Arrivée par avion aux États-Unis, celle-ci donne moins de 48 heures de survie à ses victimes.

Pour ceux que cette grippe n’aura pas atteints, ce sera le début d’une nouvelle ère.  Celle où il faut repartir de zéro, sans épicerie, électricité, internet, cellulaire… l’essentiel quoi!  Certains, avertis par les médias auront eu le temps de faire des provisions et d’autres auront eu la chance d’être dans un aéroport au moment de l’éclosion, mais pour tous, les provisions sont éphémères et la possibilité de rejoindre la famille est utopique…  Avant, pendant et après la pandémie, l’auteure nous dresse le portrait de ces survivants qui n’ont en leur possession que leurs souvenirs et quelques objets retrouvés au fil de leur quête de nourriture ou de d’autres survivants.

Avec une phrase qui tombe comme un couperet dès la fin du deuxième chapitre, Emily St-John Mandel nous plonge directement dans l’intrigue du roman, s’assurant ainsi de conserver son lecteur pour la suite.  Et elle récidive régulièrement…  

« De tous ceux qui étaient présents ce soir-là, ce fut le barman qui survécut le plus longtemps.  Il mourut trois semaines plus tard, sur la route, en quittant la ville. » (p.26)

« L’enfer, c’est l’absence de ceux qu’on voudrait tant avoir près de soi. » (p.185)
 
« Je croyais être le seul survivant. » (p.331)

Emily St-John Mandel est brillante.  Sa façon de nous décrire les paysages abandonnés, les états d’âme et la réalité du quotidien lorsque tout ce qu’on connaît est disparu à jamais est superbe et très réaliste.  On imagine facilement dans quelle situation ces gens se sont retrouvés… L’humain s’adapte, reconstruit, se fie à son instinct et accepte.  Vingt ans après, lorsque les Walmart et Wendy’s de ce monde ne servent que d’abris à quelques hommes, que les progrès de la médecine ne sont plus accessibles et que tout repose sur l’amitié et le soutien, on assiste à une transformation de l’être humain.  (Un humain qui a probablement existé dans une autre ère que la nôtre!) 

La Symphonie Itinérante fait partie de ce monde qui aime semer le bien en jouant de la musique - classique, jazz, arrangements pour orchestre de chansons pop d'avant la débâcle - et du Shakespeare et qui n’use de la violence que pour se défendre.  Post-Apocalyptique était pour moi synonyme de chaos.  Pourtant, il n’en est rien.  Le fil conducteur de ce roman étant un acteur ayant interprété le Roi Lear, celui-ci semble imposer un halo de paix sur ceux qui l’ont connu.  Les différents personnages du roman se croisent grâce à cet Arthur qui n’a pas eu une vie des plus ennuyantes.  D’ailleurs, j’ai beaucoup apprécié que l’auteure nous ramène à l’époque où tout allait encore bien venant ainsi renforcer l’impact d’une telle catastrophe.

Je pourrais en rajouter encore bien longtemps, mais je pense que vous avez bien compris que Station Eleven est un roman unique et marquant car il sème au fond de notre esprit un petit vent de panique juste à l’idée de si ça nous arrivait.  Et cette sensation n’est pas près de vous quitter, croyez-moi! 

En librairie depuis le 23 août / L'auteure sera au Salon du livre de Montréal en novembre prochain.
Alto
ISBN: 978-2-89694-264-0

13 commentaires:

Marie-Claude Rioux a dit...

Ça décoiffe, hein! Pour ton baptême de romans post-apocalyptiques, ça commence fort.
À n'en pas douter, ce roman fera beaucoup de bruit, et c'est grandement mérité.

Noukette a dit...

Il me fait très, très envie celui-là !!

Jules a dit...

MC: décoiffe, tu dis! Je vais me rappelé longtemps de ce roman! Il m'a fait peur! :P

Noukette: à lire absolument! D'Accord?

Marguerite a dit...

Ce sera sans doute mon tout premier aussi dans ce genre. Vous êtes très convaincantes Marie-Claude et toi ! Il fera partie de mes prochains achats :)

Suzanne a dit...

Ah que j'aurais aimé l'avoir en main ...hier... mais je n'ai pas de SP d'Alto et ça me désole, Une maison que j'aime et lis beaucoup. Enfin je vais me le procurer car il me tente trop.

Jules a dit...

Marguerite: ah oui, on se met en équipe sur ce coup!

Suzanne: Alto ne fait plus de SP aux blogueurs. D'ailleurs, c'était ma dernière réception de cette maison!

Grominou a dit...

Je note!

Dans le genre post-apo, La Route (The Road) de Cormack McCarthy a été marquant pour moi.

cathulu a dit...

à lire absolument, je confirme!:)

Jules a dit...

Grominou: oui, j'ai cru comprendre que c'était dans le même genre, mais certainement plus dark!

Cathulu: :) une adepte de plus de Seven City! ahah

Léa TouchBook a dit...

J'ai eu le coup de coeur pour ce roman :)

Jules a dit...

Léa: je pense que nous serons plusieurs dans ce cas!

Sandrine a dit...

Eh bien moi, je n'ai pas aimé... je me suis ennuyée et je n'ai pas paniquée du tout. Je trouve qu'elle laisse tomber des pistes intéressantes comme Tyler (dont on ne sait rien) et la Symphonie itinérante (pourquoi ? comment ?). J'ai trouvé Arthur et Miranda très fades.
J'espère que tu liras beaucoup de post apo bien meilleur :-)

Alex Mot-à-Mots a dit...

Post-apocalyptique ? Je sui déjà partie à toutes jambes pour fuir.